Jacky Jousson

Mes parents m’ont dit que lorsque j’avais quatre ans, quand tous les petits garçons de l’époque rêvaient de devenir motard, policier ou pompier, j’affirmais tranquillement que plus tard, je serais peintre. Des études littéraires m’ont un temps détourné de ma vocation, suivies de quelques années de bohème sans aucun souci de carrière, tour à tour grand voyageur (tendance « guide du routard »), aérographiste sur automobile ou portraitiste de plage. Un peu plus tard, « le monde merveilleux du dessin animé » me prendrait dans ses bras pour plusieurs hivers bien au chaud. Mais je n’ai pas d’avantage persévéré dans le décor de dessin animé que je n’avais auparavant réussi malgré quelques dispositions à devenir sérieusement coiffeur pour dames, voyou, poète maudit, animateur socio-culturel, musicien de bal ou québécois. Comme quoi il est toujours possible d’échapper à son destin… à moins que ce ne soit le contraire. Je pense à ce joli mot de Betty Talmadge : « La vie, c’est ce qui vous arrive quand vous avez prévu autre chose ».
Mais « chassez le naturel »… à présent et depuis vingt ans illustrateur « généraliste », je travaille avec bonheur pour la presse, l’édition et la publicité ; avec cependant une vraie préférence pour le dessin et la peinture naturaliste, qui concilient mon goût pour le dessin et mon amour de la nature. En dehors de mes travaux de commande, je peins des plantes à l’aquarelle sur papier et vélin, dans la droite ligne des peintres botanistes voyageurs des siècles passés.

Le sort fait à la nature me révolte autant que l’injustice sociale. Quads et motos pseudo-vertes saccageant les sols, chasseurs plombant tout ce qui bouge, souffrance animale, déforestation, agriculture intensive, dérèglement climatique, populations déplacées, minorités opprimées, guerres et famines… comment continuer à peindre sereinement l’éphémère beauté d’un pétale un œil sur l’actualité ?
J’essaie pourtant de faire ma part, même si à présent l’image du « petit colibri » me semble un peu dépassée. Au point où en sont les choses, je ne vois plus guère qu’une Révolution et je ne plaisante pas ! Un peu trop jeune en 68, un peu trop vieux en 2019, je fais ce que peux, ce que je fais le mieux : je peins la beauté fragile d’une nature qui souffre. Avec l’espoir dérisoire, mais l’espoir quand même, que ce soit utile.

« Le Chemin des herbes » Ulmer 2019

Bégonia – Aquarelle sur torchon fin Schoellershammer 30 x 39 cm
Églantier – Pointe d’argent et aquarelle sur vélin Kelmscott William Cowley A4 pour « Les plantes de Proust 2021 »
Iris fétide – Aquarelle sur vélin Kelmscott William Cowley A4 Aquarelles naturelles « faites maison » (dont Vert d’Iris)
Ophrys abeille – Crayon et aquarelle sur papier 4G Schoellershammer 36 x 50 cm
Raisin rouge – Aquarelle sur vélin Kelmscott William Cowley 17,2 x 22,7 cm
Violettes + Aquarelle sur papier 4G Schoellershammer 20 x 24 cm
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